Fight Club 2 - Chuck Palahniuk & Cameron Stewart

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Près de vingt ans après la sortie de son roman culte, Chuck Palahniuk redonne vie à ses personnages schizophrènes sous forme de bande dessinée avec la collaboration du dessinateur Cameron Stewart.
Résumé:
Plus de dix ans ont passé depuis qu’aux côtés de sa petite amie Marla Singer, le héros, a assisté à l’apothéose du Projet chaos et s’est débarrassé de Tyler Durden, sa double personnalité destructrice et subversive.
Depuis, il est redevenu Monsieur-tout-le-monde, il a changé de nom et s'appelle désormais Sébastien. Il est père d'un fils qui entre précocement en pleine crise d'adolescence et son épouse Marla, est de plus en plus névrosée.

Ancré dans la réalité de sa vie insipide, Sébastien fait tout pour que Tyler Durden ne refasse pas surface: séance de psy, médicaments à hautes doses pour éviter que son alter-égo se reveille. Et pourtant, depuis peu, il découvre quelques tags rappelant que Tyler Durden est toujours en vie. Est-ce vrai? Tyler Durden aurait-il bien survécu quelque part au fond de sa tête, ou bien peut-être dans celle de son fils?

Ma note: ma note
Remarque: lu en anglais
Ma critique:

Fallait-il faire une suite à Fight Club? Face à l'insistence des fans et de son éditeur, Chuck Palahniuk se l'est beaucoup demandé et comme il le rappelle malicieusement dans cette oeuvre: une multitude de fans ne savent même pas que c'était d'abord un livre! L'idée de génie de l'auteur est d'avoir su trouver le support à mi chemin de ces 2 vecteurs de communication: la bande dessinée, et plus exactement le "Comics", un format plus moderne que la BD à papa. Ce fight club 2 n'est donc ni une oeuvre ni littéraire, ni cinématographique, mais un univers bien entre les 2, ayant ses propres codes.

Et quelle BD! Ce roman graphique est d'une très grande beauté. Je n'avais jamais vu une oeuvre pareille. C'est un graphisme et mise en page moderne avec la surimpression de pilules, tâches de sang et autres artifices visuels venant dynamiter le mode de lecture. Chaque entête de chapitre est d'ailleurs agrémenté par un visuel créé David Mack. Chacun de ces visuels auraient pû être une affiche de films, comme quoi, ce comics est un bien un média trans-genre...
La narration de l'histoire répond également aux codes de ce support, offrant quelques facilités scénaristiques qui ne passeraient pas si c'était un livre, ni un film d'ailleurs. Chuck Palahniuk et Cameron Stewart jouent avec leur histoire et le culte "Tyler Durden", en le tournant parfois en dérision.
Ce Fight Club 2 est plus une auto-parodie qu'autre chose. En effet, l'auteur joue à fond sur les attentes de ses lecteurs et du coup, joue un peu facilement dans cette suite. Il est à l'image des médias actuels et des réseaux sociaux, où les journalistes ne font plus leur métier et se contentent de relayer des opinions, préférent diffuser les bons mots de leurs auditeurs, des faits alternatifs et autres stratagèmes virales qui n'ont que pour but d'engrenger plus de réactions et donc plus d'audiences.

Du fait que le lecteur connait la véritable identité de Tyler Durden, qui est le double schizophrène de Sébastian. Chuck Palahniuk a eu la bonne idée de brouiller les pistes en créant un double schizophrène au fils de Sébastien, puis par la création d'une troisième larron: l'auteur lui-même, le véritable créateur de Tyler Durden, le narrateur omniscient, qui dirige tout ou du moins le pense-t-il.
Ce roman graphique développe une reflexion nombriliste assez amusante et déroutante, entre bétise intellectuelle et concepts philosophiques poussés à l'extrême. Qui est le créateur de qui? Ce fight Club 2 aurait-il pu naître sans l'existence (et l'insistence) du public? Les différences scénarastiques du livre et du film ne sont-ils pas également une schizophrènie artistique?

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