Un peu dépité par la non présence de Jon Anderson, je ne savais pas trop quoi penser. La dernière fois que j'avais vu Yes, c'était également à l'Olympia il y a environ 5 ans pour la tournée avec un orchestre. C'était grandiose, même si Steve Howe m'avait semblé éreinté. Là, avec Jon Anderson en berne (problème de santé - asthme- l'empêchant de tourner sur la durée) et l'absence de Rick Wakeman (santé également), je pouvais craindre le pire. Mais en fait non, je suis ravi de ce concert, qui dura près de 145 minutes! Le bonheur...

Chris Squire assure et dirige d'une main de maître son groupe, aidé d'un Steve Howe revivifié et heureux de jouer. Avec son faux air de vieux savant fou, il nous a bluffé d'entrée avec le solo sur "Siberian Khatru". Quelle dextérité et quel plaisir de le voir jouer. Il nous a fait tous les styles et s'est vraiment amusé. De l'autre côté, Chris Squire a martelé sa basse du début à la fin. Il nous a sorti les morceaux où il peut se donner à cœur joie (Tempus Fugit, Machine Messiah et South Side Of The Sky) et même s'il en fait parfois trop, il nous offre une telle puissance sonore (et avec un son très clair en plus), que c'est un plaisir. Derrière, Alan White n'a pas surenchéri et se l'ai joué plutôt sobre. Sobriété également pour Wakeman fils, qui n'a pas décroché un sourire, malgré le joli duel de solo entre la guitare et le clavier sur le final de "Heart Of The Sunrise".

Benoît David, quant à lui, québécois avec un accent qui nous a bien fait sourire lors de son premier discours, semblait pénaut les première minutes. Il a sans doute la même taille et le même timbre de voix, mais il ne dégage pas la même assurance et sérénité que notre ange Anderson. Faut dire que tout le monde l'attendait au tournant, et qu'il devait avoir la pression. Et malgré quelques imperfections, et un manque d'intensité par moment, il a joliment accompli une tâche qui me paraissait impossible.

Musicalement, Yes a surtout intégré des morceaux plus propices à la dominance impériale de Chris Squire, en jouant évidemment les grands classiques, mais aussi des morceaux longtemps oubliés (voir méprisé, comme ceux de l'album "Drama" ou "Tormato'. Ils ont joué 2H15 sans s'arrêter, avant de nous asséner un phénoménal "Starhip Trooper" en rappel. L'un des grands moments fût mon morceau favori "And You And I" (que j'ai même mis en sortie finale pour mon mariage, c'est dire!). Il fut parfait: on entendait les anges dansaient. Et avec la partition de piano de "Southside of the sky", c'est à ce moment que l'on mesure la justesse du temps et l'universalité de la musique de Yes.
Yes, c'est beau, un point c'est tout.

La set-list du concert:

  • Firebird Suite
  • Siberian Khatru
  • I've Seen All Good People
  • Tempus Fugit
  • Onward
  • Astral Traveller (inclus Alan White drum solo)
  • And You And I
  • Yours Is No Disgrace
  • Steve Howe solo (2 morceaux)
  • Owner Of A Lonely Heart
  • South Side Of The Sky
  • Machine Messiah
  • Heart Of The Sunrise
  • Roundabout
  • --
  • Starship Trooper

Quelques liens: