L'album "Doolitle", paru en 1989, est un must. C'est un album incontournable, indispensable à toute bonne discographie. Il permis au Pixies d'atteindre leur apogée avant de s'autodétruire quelques années après leurs expériences solo fort réussies (Breeders/Franck Black solo). J'avais toujours souhaité les voir et quand un copain de province m'a indiqué qu'il serait tenté de monter sur Paris pour aller les voir, j'ai bis Banco!
Nous arrivâmes un peu avant 19H au Zénith et là, première surprise: le parking extérieur n'existe plus et le souterrain (déjà minuscule) était fermé! Merci Delanoë; je savais qu'il était contre les voitures, mais être contre la musique, c'est le comble ;-) !!!
Enfin bref, en tournant un peu dans le quartier, nous étions là, à siroter notre bière pour apprécier la première partie. j'avais cru que c'était les "Dinosaur Jr" (musique rock minimaliste et quelque peu expérimentale) mais non, c'était les "Dinosaur Pile-up", trois jeunes adolescents (à la démarche improbable d'un Gastion Lagaffe... c'est la mode du moment apparemment) jouant du grunge. Rien de nouveau, rien de transcendant mais après 2ou3 morceaux, les morceaux se firent un peu plus pop et s'écoutèrent bien, sans aucun chambrage du public, malgrè cette pâle copie de Nirvana.

Après la demi-heure de pause, le grand écran antédiluvien de la scène (qui avait du faire la tournée U2 de 1992) passa les images du court métrage d'un "Chien Andalou" (1929) de Luis Buñuel. Le passage de l'oeil découpé (au bout d'une minute) en effraya plus d'une. Le court-métrage passe en accéléré pour durer 12 ou 13 minutes (alors qu'il dure 16 minutes); et chose encore plus bizarre, une fois les pixies sur scène, ils ne commencèrent pas par "Debaser" où Franck Black hurle "I'm a chien andalousian!"
Non en fait, ils entamèrent par 5 morceaux assez méconnus du public (enfin, par moi, en tous les cas) sur lesquels Frank Black hurlait de toute sa rage. A ce rythme, je me demandais s'il allait tenir. Pour continuer dans la bizarrerie, c'est la rigolote Kim Deal qui parlait au public. J'ai pas trop compris où elle venait en venir avec son humour (vous êtes venu pour acheter le disque? C'est pas encore la face A, ce sont les faces B, mais pas encore LA face B, etc.) mais enfin, sa bonhommie nous ravit, alors que Frank Black ne dit mot.

D'ailleurs, Frank Black ne nous adressa absolument pas la parole. A un seul moment, il targua la foule, enfin prêt à dire un mot, mais c'était plus pour qu'on le chambre; afin qu'il nous balance un énorme "Hey" sur la chanson du même nom. Effet dévastateur et superbe, mais je doute que c'était sa volonté de nous narguer de la sorte durant tout le concert, juste pour ce morceau. Il était dans un mauvais jour, c'est dommage. Quoiqu'il en soit, il a chanté parfaitement. Après avoir hurlé les 5 première chansons, il joua de tout son répertoire vocal, allant du plus aigüe au plus grave. Ma crainte sur sa voix, s'est donc vite estompé, et je n'avais d'ailleurs jamais remarqué que c'était un chanteur aussi complet.

L'album "doolitle" passa à une vitesse incroyable. J'avais oublié que les morceaux était si courts. Courts mais intense et de véritables petits bijoux, avec un son excellent, et une basse énorme, bien ronde (comme Kim Deal?), comme je les aime. C'était presque le délire dans la salle, il manquait un petit quelques chose (un mot de Frank Black, par exemple) et aussi moins de temps morts entre les morceaux... Dommage, dommage! Après une heure de concert, les Pixies entamèrent une première pause. A leur retour, je les ai trouvé plus libéré: les morceaux commençaient à avoir une vie différente des versions studios, comme cette version incroyable de 'Into the white', où nous fumes plongés dans un épais brouillard blanc alors que le morceau montait en puissance et les susurrements de Kim Deal de plus en plus oppressants! Un vrai régal!

Pour continuer dans l'étrange, au bout de 10 minutes, ils repartirent en pause, et c'est là que j'ai compris que c'était bientôt la fin. Ils revinrent en effet pourr jouer 2 morceaux (alors que le Zénith était tout illuminé) et partirent en coup de vent, sans jouer "Where's my mind". Bref, avec leurs 3 pauses, je me demande s'ils sont joué 75 minutes???!!!
C'est un peu une honte, après tant d'années!


A noter que chaque concert est enregistré et disponible en mp3 ou sur CD sur le site de la tournée... un peu comme l'avait fait Pearl Jam il y a quelques années.
Chose bizarre, c'est qu'ils indiquent qu'ils ont chanté "Where's my mind" alors que ce n'est pas le cas (d'ailleurs, toute la fin me semble fausse)! (voir ici)

Set-List

  • Dancing The Manta Ray
  • Weird At My School
  • Bailey's Walk
  • Manta Ray
  • Debaser
  • Tame
  • Wave Of Mutilation
  • I Bleed
  • Here Comes Your Man
  • Dead
  • Monkey Gone To Heaven
  • Mr. Grieves
  • Crackity Jones
  • La La Love You
  • No. 13 Baby
  • There Goes My Gun
  • Hey
  • Silver
  • Gouge Away
  • -- pause
  • Wave Of Mutilation (UK Surf)
  • Into The White
  • -- pause
  • U-Mass
  • Vamos ou Isla De Encanta (je ne sais plus)
  • Gigantic

Quelques liens: