Entre 2 parties interminables de Candy Crush ou de Ruzzle, les 2 jeux anti-lectures, je me suis laissé tenté par ce recueil de nouvelles recensés par Chuck Palahniuk, son fidèle ami (et fan) Dennis Widmyer et l'écrivain Richard Thomas.
Contant les déboires des jeunes adultes américains, ce recueil n'est pas aussi transgressif que Chuck le prétend. Sur la vingtaine de récits, seuls 2 ou 3 sont scabreux, à la limite du tolérable mais rien des pires "délires d'immondices" du maitre en la matière.

L'ambiance de ces récits est souvent entre 2 eaux, entre la volonté de choquer mais surtout celle d'émouvoir: le gars hanté par sa bêtise d'avoir fait disparaitre le chat de sa petite soeur, ces jeunes filles voulant se suicider pour être enfin "à la mode", ces lycéens qui regrettent d'avoir poussé à bout l'une de leurs profs, etc.
Pour les fans de Chuck, rassurez-vous, il y a évidemment quelques récits trashs, avec de la zoophilie et même de la nécrophilie moderne, avec ce dernier récit, fort amusant, où des Zombies femelles sont utilisées comme bête de sexe à partouze: c'est un peu comme si vous baisiez une pastèque en ayant oublié de l'avoir mise au micro-ondes... Du Chuck tout craché.

Au final, la force de ces récites est qu'en à peine 10 pages, la plupart de ces jeunes auteurs nous embarquent dans leur tranche de vie, leurs rêves ou expériences ratés, qui les ont changés à jamais. Ces témoignages décalés sont souvent touchants, déconcertants, et malgré le côté "parfois too much", on aimerait en lire plus. Pour la plupart de ces courtes histoires, il y a un vrai style, un vrai don, une vraie plume.
Ces nouvelles ne sont pas aussi immondes que Chuck le prétend. Ou du moins, c'est une transgression plus littéraire: transgression morale, sexuelle, intellectuelle ou tout simplement affective. On bascule à un moment de l'autre côté: l'enivrement ou cette sensation du vertige nous fait basculer au-delà, dans un gouffre d'émotions dont on ne ressort pas.

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