Depuis sa tendre enfance, Amanda Palmer a toujours rêvé d'être Artiste, avec un grand A. Et son art s'exprime sur 3 axes majeurs: la voix, le piano et les textes. Et elle qui blogge des lustres (alors que le terme blog n'existait pas encore), elle s'est décidé à écrire son premier livre, sorte de biographie et de témoignage sur son succès qui en a surpris plus d'un: un Ted Talk dépassant les 6 millions de vues, et surtout, ce crowdfunding record du million de dollar en 1 mois sur kickstarter.

Écrit de manière naturelle, on pourrait craindre que la biographie d'Amanda Palmer soit aussi creux que les styles ampoulés des (faux) écrivains "Wanabe" américains qui vous vendent monts et merveilles, telle une révolution intérieure, une perte de poids record ou richesse en quelques mois, et ce dans une syntaxe des plus pauvres. Il n'en est rien. L'écriture d'Amanda révèle un étonnant sens du rythme, qui rend la lecture de cette biographie passionnante et sans temps mort. Avec quelques répliques catchy et un discours clair et parfaitement imagé, Amanda déroule son propos sur le futur économique de la musique, où elle considère que l'auditeur a enfin le pouvoir d'aider et de promouvoir les artistes qui le méritent.

Comme pour toute biographie, c'est de loin la première partie, la genèse du personnage, qui est la plus intéressante: son expérience de la mariée/statue de 2m50 qui bougeait et offrait une fleur à ceux qui lui donnaient de l'argent. Et évidemment, la naissance des Dresden Dolls et de la création de son réseau de fans: newsletter, demande d'aide pour l'héberger, appel à d'autres artistes pour faire la première partie ou pour faire de la soirée un événement artistique.
Amanda voit sa vie d'artiste comme un véritable mode de vie, comme une vie de bohème, comme une vie au jour le jour. Elle fait une totale confiance à son public, à ses fans pour l'aider. Avec le succès, on voit que ses débuts bohémiens ne sont pas aussi faciles: la masse entraine forcément une perte de confiance et quelques déviances de son public, et quelques réactions difficieles. Le fait de gagner 1 million de dollars et de dormir toujours chez le fan pourrait faire croire à de l'avarice, mais il n'en est rien: Amanda se donne à son public, se rend vulnérable pour rester vraie.

La deuxième partie du livre est plus pour les fans. Amanda y dévoile ses secrets intimes, ses blessures internes et sa grande force: son amour Neil Gaiman et son public.
Ce livre me rend fier d'avoir aider Amanda à ses débuts, d'avoir été un fan de l'époque de Dresden Dolls et je sais que maintenant, je ne resterai plus de marbre en passant devant un artiste de rue.

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