Glenn MEADE use et abuse du même stratégème dans ses romans: mêler destin, vengeance, rédemption et un fait historique. Et il faut avouer qu'il le fait très bien. Après ses époustouflants premiers romans ("Snow Wolf"; "Brandenburg" et "The Sands of Sakkara"), il lui est quand même difficile de garder la même verve et force évocatrice.

Pour ce "Last Witness", Glenn MEADE nous replonge dans les affres de la guerre des Balkans, la gronde honte de l'Europe Moderne.
Alors que l'Allemagne digérait sa réunification, et l'Union Soviétique en pleine phase de démantèlement, la vieille Europe a été des plus lâches en fermant les yeux sur les massacres entre Serbes, Bosniaques et Croates. En moins de 2 ans de conflit, j'avais compris que l'Union Européenne (la CEE à l'époque) ne serait le terreau que d'une économie financière. Et il a fallu attendre près de 10 ans que cela soit les américains qui viennent faire le ménage chez nous.
Pourtant, au lendemain de la seconde guerre mondiale, nous étions tous d'accord: "plus jamais ça!". Plus jamais de massacres, d'épuration ethnique. Et depuis les années 90, nous découvrons tous les 5 ans de nouveaux crimes contre l'humanité. Et à chaque fois, c'est une minorité qui prend le contrôle et pousse l'individu à l'abominable. Les nazis étaient minoritaires en 33. Les Bolchéviks l'étaient en février 1917, tout comme le parti des Khmers Rouges de Pol-Pot en 1963, et tout comme Al Qaeda et Daesh aujourd'hui. Mais leur extrémisme parle pour eux et masque les maux de nos sociétés. Qu'aurions nous fait si nous avions été à l'un de ces endroits? Notre mutisme d'aujourd'hui (où nous nous revendiquons seulement pour notre liberté d'expression) laisse craindre le pire que ces cycles abominations n'a pas fini de tourner, et de nous revenir droit au visage.

Et c'est ce qui est arrivé aux parents de la pauvre Carla, incrédules et lâches avec face à eux, des bourreaux au cerveau délavé par une propagande haineuse d'une Europe serbe ancestrale.
Le récit du journal intime de la mère est sobre et fait froid dans le dos, même si on ne comprend pas trop cette interjection auprès du chef du camp qu'elle réussi à avoir. Il faudra attendre les dernières pages pour comprendre les raisons de cette faveur gagnée, et ainsi découvrir que derrière chaque loup, il y a un homme, qui sait parfois lutter contre ses instincts primaires.

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