Bernard MINIER - Nuit

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Voici ee retour tant attendu de Martin Servaz dans un face-à-face angoissant avec le serial-killer Julian Hirtmann

Résumé:
En mer du Nord sur une plate-forme pétrolière, l’inspectrice norvégienne Kirsten Nigaard enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. L’absent s’appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît; suivi, épié. Sur d'autres, celle d'un enfant, avec au dos, le prénom de Gustav.
Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. Pour eux, le début d’un voyage terrifiant avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.

Ma note: ma note

Ma critique: ...

Troisième volet des aventures de Martin Servaz, à la poursuite, où plutôt à l'échappée des griffes de Julian Hitmann, une sorte d'Hannibal Lecter plus porté sur la convoitise de la chaire que de sa consommation. Po²ur bien comprendre ce nouveau polar, il est impératif d'avoir lu "Glacé" et "Le Cercle" pour mieux comprendre la psychologie des 2 personnages clés, ainsi que "N'éteins pas la lumière" pour mieux comprendre également les personnages secondaires.

L'action se déroule toujours dans le sud-ouest, très proche des pyrennées dans une région quelque peu inventée par l'auteur, et qui a bougé les cartes depuis son premier livre (de 2 heures on passe à 1 heure pour arriver au même endroit). Ce lieu issu des méandres de l'auteur offre un climat menaçant, tant psychologique que climatique, ce qui avait fait une réussite pour ses 2 premiers livres.
En rôle principal, nous avons donc Martin Servaz, flic taciturne de la SRPJ de Toulouse et amateur de la musique de Gustav Mahler. Il sort juste d'une grave blessure par balle (blessé au coeur) que le voilà plongé de nouveau dans les griffes de son pire cauchemar: le manipulateur et tueur² Julian Hirtmann, qui s'est échappé quelques années plus tôt et qui a également kidnappé (et sans doute tué) le premier amour du flic.

Car au milieu de ces 2 personnages, il y a des amours communes: Gustav Mahler en premier, Marianne (la défunte?) et maintenant le petit Gustav, qui pourrait être autant le fils du bon que de la brute.
Et enfin, au beau milieu, pas un méchant mais une autre belle: l’inspectrice norvégienne Kirsten Nigaard, au tempéremment trempé dans l'eau polaire.

Avec ce décor, ces personnages et cette nouvelle intrigue, Bernard Minier avait tout pour nous faire chavirer dans la folie du tourne-page. Et d'un côté, c'est réussi. J'ai dévoré ces 528 pages en moins de 5 jours. De l'autre, j'ai un peu eu l'impression de m'enfiler un BigMac, et à mon âge, cela n'a plus rien d'une découverte, et à la fin, on regrette d'avoir cru à cet ersatz de plaisir juvénil.
L'auteur, exploitant le filon comme il faut, se noit un peu trop dans l'amour euphorique des ses 2 personnages. D'une part avec Servaz, à peine 2 mois sorti de l'hosto (après une opération à coeur ouvert) qu'il cavale comme un lapin, et à la fin, à peine 2 heures d'une autre opération, le voilà qu'il cavale de nouveau dans la montagne à tirer (comme il faut, pour la première fois de sa vie) sur sa cible.
De l'autre avec l'Hannibal Lecter européen, qui a changé de visage (normal), toujours aussi manipulateur (normal), mais qu'on reconnait en vidéo (sur la Go-Pro) mais pas en face à face (???), toujours aussi puissant (un super-héros?) dont on semble comprendre la motivation de tout ce machiavélisme de faire revenir Martin dans le jeu (sauf à la fin).

Bernard Minier a également ajouté un peu plus de suspense, comme la visite du chalet, où j'ai retrouvé le temps de quelques pages les frissons de la visite de la maison des Montana par Darquandier dans les Racines du Mal (le meilleur polar français de tous les temps) de feu Maurice Dantec. Mais bon, au lieu de descendre dans la cave, c'est au grenier que cela se passe, moins d'horreur certes, mais un vrai savoir-faire de l'auteur de nous distiller un tel moment.

L'ennui, c'est que l'auteur a décidé de mettre la page de trop (sans doute sous l'insistance de sa maison d'édition) en nous invitant à une tétralogie, voire pus. Malgré les quelques incongruité sur la santé de Servaz ,qui se remet comme un rien d'une anesthésie générale pour un final haut en couleur, et un splendide retournement de situation fort bien amené, c'est surtout que l'auteur saborde son oeuvre avec cette invitation. A quoi sa rime, on est au final comme Servaz, on y perd sa foi, si ce n'est son foie tant cette invitation à une prochaine traque semble déjà indigeste.
Dommage.

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